La Chine s’est donnée à fond lors de sa dernière parade : Xi Jinping a traversé Tiananmen, pas seul, avec Poutine et Kim Jong Un à ses côtés. C’était tout sauf une mise en scène aléatoire de camaraderie. Derrière ce spectacle se cache un message assez clair : l’Occident est inutile – la confiance en soi de la Chine est désormais payante.
Xi n’a pas manqué de semer quelques slogans de vertu : la paix plutôt que la guerre, le dialogue plutôt que le jeu à somme nulle – et bien sûr les fameux « partenariats gagnant-gagnant ». Cela semble confortable, mais cela fait partie d’un concept stratégique plus large : le défilé a également été l’occasion de montrer des missiles, des drones et d’autres prouesses technologiques flambant neufs.
Les États-Unis à l’écart
A Washington, Trump fait la grimace : juste après le discours de Xi, il s’est moqué du fait que les Etats-Unis n’étaient même pas mentionnés dans le discours de félicitations – bien qu’ils aient contribué à la Seconde Guerre mondiale. Son message sur Truth Social (« Transmettez mes salutations à Poutine et Kim pendant que vous conspirez contre les Etats-Unis ») tenait plus de l’ironie que de la diplomatie. La Chine utilise le défilé comme une scène pour une politique étrangère affirmée. Et Trump ? Il avait plutôt l’air d’un spectateur qui, depuis le bord, marmonne quelque chose dans son poing.
De la rizière à la superpuissance
Il y a 50 ou 60 ans, la Chine était encore un pays en développement sur le plan économique – dans des villes comme Shenzhen, les vaches poussaient littéralement dans la prairie. Aujourd’hui, c’est une mégapole avec des gratte-ciel, des entreprises de haute technologie et des millions d’habitants qui s’élèvent vers le ciel.

La Chine s’est également réinventée sur le plan militaire : La lourde armée populaire est devenue l’une des plus grandes forces armées high-tech du monde, avec des drones, des missiles hypersoniques et une flotte aérienne qui surpasse facilement celle de pays entiers.
Cette ascension ne se limite pas à la Chine elle-même : En Asie, Pékin dicte depuis longtemps les règles du jeu, que ce soit sur le plan économique ou géopolitique. Et l’Europe ? Elle a beau parler d' »indépendance stratégique », elle ne peut pas se passer des usines, des panneaux solaires, des batteries et des terres rares chinoises.
La Chine n’est plus l’éternel retardataire, mais la puissance que presque personne ne peut ignorer aujourd’hui, que ce soit dans les rues de Shenzhen ou dans les bureaux de direction de Bruxelles.
